Édition Istanbul 2025

Alexander Arabatzis - Parapolitika : La construction de ponts, le tourisme et le visa d'or

Alexander Arabatzis Parapolitique
00:00
Transcription en direct
Présentateur
Je pense que nous pouvons faire un petit détour à l'étranger cette fois-ci, si je ne me trompe pas, en Espagne. Et y rencontrer un homme qui a contribué, par le biais de son entreprise, à jeter un pont de communication entre Grecs et Turcs, en mettant l’accent sur la Grèce du Nord et le développement du tourisme. Nous avons parmi nous Alexandre Arabatzis. Monsieur Arabatzis.
00 h 00 — 00 h 30
Al. Arabatzis
Bonjour.
00 h 32 — 00 h 32
Présentateur
Bonne journée à vous.
00 h 32 — 00 h 33
Al. Arabatzis
Bonjour de Madrid.
00 h 33 — 00 h 34
Présentateur
Alors, à Madrid, comment ça se passe et quel temps fait-il aujourd'hui ?;
00 h 34 — 00 h 37
Al. Arabatzis
Il fait froid, même s’il y a du soleil aujourd’hui, mais il fait froid. Tout se passe très bien en ce qui concerne les activités que nous menons ici. Je suis ici dans le cadre d'un salon international dédié à la promotion touristique. De nombreuses destinations grecques y participent. Je représente la région de l’Attique, mais la région de Macédoine centrale, la Crète, la région de la mer Égée du Nord et d’autres régions sont également présentes. Et nous nous efforçons, en tant qu’entreprise, tout comme bien d’autres organismes institutionnels, acteurs du secteur public, régions et communes, mais aussi des particuliers, des hôteliers, etc., à ouvrir un peu le marché du tourisme grec. Vous savez que les records s’enchaînent les uns après les autres. Il y a désormais énormément de touristes qui viennent en Grèce. Mais l’essentiel, petit à petit, c’est tout d’abord, maintenant que nous sommes bien implantés sur certains marchés, d’élargir notre champ d’action et d’attirer également des touristes provenant d’autres régions, qui présentent un fort potentiel de croissance.
00 h 38 — 01 h 39
Présentateur
Les Turcs s'intéressent-ils au nord de la Grèce ?;
01 h 40 — 01 h 42
Al. Arabatzis
Les Turcs manifestent un très grand intérêt pour le nord de la Grèce. Surtout pour le nord de la Grèce.
01 h 43 — 01 h 46
Présentateur
Oui, et de plus en plus ces dernières années.
01 h 46 — 01 h 49
Al. Arabatzis
Tant pour le sud de la mer Égée que pour le nord de la mer Égée, l'intérêt est très grand. En effet, des îles comme Samos, Lesbos, etc. travaillent beaucoup avec les Turcs. La mer Égée du Sud, tout particulièrement. Et bien sûr, tout l’axe du nord de la Grèce, d’Alexandroupoli jusqu’à Thessalonique, connaît un afflux très important de touristes turcs. Et bien sûr, ils se rendent également à Athènes. Les Turcs aisés prennent l’avion et se rendent à Athènes pour le week-end. Les Turcs nous préfèrent largement en matière de loisirs. Ils viennent en Grèce pour passer de bons moments. Ils veulent passer deux, trois ou quatre jours à s'amuser.
01 h 50 — 02 h 22
Présentateur
Qu'avez-vous donc fait, vous, dans le nord de la Grèce, en construisant ces ponts ?;
02 h 22 — 02 h 26
Al. Arabatzis
Écoutez, en tant qu’entreprise, nous avons lancé une nouvelle initiative. Nous l’avons baptisée ’ Building Bridges : Connecting Greece to the World ». Ce que nous essayons donc de faire, c’est d’élargir un peu, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, notre champ d’action. Pour attirer de nouveaux marchés. Par exemple, nous nous intéressons de très près au marché indien, qui semble très prometteur pour le tourisme grec, en particulier pour le tourisme de mariage. Vous savez, les Indiens organisent de grandes fêtes de mariage. Ils recherchent de très grands établissements hôteliers, dont la Grèce dispose. Et peu à peu, la classe aisée indienne souhaite organiser ses mariages à l’étranger, en Europe. Et nous souhaitons que la Grèce figure parmi les pays qui attireront ce segment touristique. Nous nous tournons vers l’Amérique latine et l’Amérique du Sud. C’est pourquoi nous sommes en Espagne. En effet, l’Espagne sert de point de référence, de centre pour l’ensemble du monde hispanophone, c’est-à-dire, disons, l’Amérique du Sud, ainsi que le Brésil, où l’on parle portugais. Mais, quoi qu’il en soit, il existe ici un lien très fort avec l’Espagne et le Portugal. Nous visons donc certains marchés. La Turquie présente également un très grand intérêt. Et, outre tout le reste, l’autre aspect qui suscite un très grand intérêt et que l’on retrouve sans cesse sur ces marchés, c’est le volet investissement. Le touriste qui viendra et sera satisfait de son séjour en Grèce, et qui appréciera son expérience dans ce pays, en particulier dans ces régions – qui sont généralement des zones où les régimes politiques sont un peu plus instables –, pour ainsi dire, est très susceptible d’investir en Grèce et, d’une certaine manière, d’obtenir le « visa doré », par exemple, soit en achetant un bien immobilier, soit en investissant dans une obligation, etc. Et c’est également un phénomène que nous observons très nettement. En effet, lors de l’action que nous avons menée, lors de l’événement que nous avons organisé à Istanbul, nous avons accueilli de nombreux invités turcs qui demandaient des informations à ce sujet.
02 h 26 — 04 h 34
Présentateur
Et donc, ils étaient intéressés par le « Golden Visa » pour acquérir un bien immobilier en Grèce et pouvoir bénéficier du programme « Golden Visa », n'est-ce pas ?;
04 h 35 — 04 h 46
Al. Arabatzis
Vous savez, ces gens veulent s'installer en Europe, ils veulent une destination sûre, qui leur permette, si nécessaire...
04 h 46 — 04 h 54
Présentateur
Qu'ils s'installent, disons, un jour en Grèce.
04 h 54 — 04 h 56
Al. Arabatzis
Oui, exactement.
04 h 56 — 04 h 57
Présentateur
Une porte de sortie d'un environnement peut-être instable, comme l'est celui de la Turquie ces dernières années.
04 h 57 — 05 h 04
Al. Arabatzis
Oui, et il n’y a pas que la Turquie. Cela se passe aussi ailleurs, vous savez. Je veux dire l’Azerbaïdjan, que nous considérons également comme un marché potentiellement intéressant. L’Inde aussi, car le fait d’avoir un passeport européen et de disposer d’un revenu élevé, d’être aisé, disons, en Inde, est un atout. C’est un très gros avantage. Récemment, des amis banquiers m’ont dit que, outre le fait que le « visa doré » s’obtient soit en investissant dans l’immobilier, soit en achetant une obligation, un fonds commun de placement, etc., mes amis banquiers m’ont donc dit qu’ils recevaient des demandes en provenance d’Amérique, des États-Unis, aussi étrange que cela puisse paraître. En d’autres termes, des citoyens des États-Unis, des Grecs-Américains et d’autres encore, cherchent à acheter un bien immobilier ou à réaliser un investissement en Grèce qui leur permettra d’obtenir le « visa d’or », afin de disposer ici aussi d’un refuge, d’une option leur permettant de venir en Grèce. Ce qui, il y a quelques années encore, nous semblait tout à fait absurde. Mais avec ce qui se passe aux États-Unis ces derniers temps….
05 h 05 — 06 h 12
Présentateur
Oui, l'ère Trump suscite, en effet, des réflexions chez une partie de la population, de la population américaine. C'est un fait. Et peut-être aussi des interrogations.
06 h 13 — 06 h 22
Al. Arabatzis
Exactement, exactement. Vous comprenez donc que le fait d'attirer cette partie du monde présente un grand intérêt pour la Grèce.
06 h 23 — 06 h 33
Présentateur
Les Turcs s'intéressent au nord de la Grèce, au nord de la mer Égée, aux vacances. Les Grecs s'intéressent-ils de la même manière à la Turquie ? Ou bien considérons-nous, d'une certaine manière, que nous avons le plus beau pays du monde et que les Turcs nous font directement concurrence en matière d'offre touristique, et que nous n'avons donc aucune raison d'aller y dépenser notre argent ?;
06 h 33 — 06 h 52
Al. Arabatzis
Non, d’accord, on y va. Écoutez, cette mentalité existe dans une certaine mesure : celle de croire que nous sommes le centre du monde. C’est vrai. Je pense que c’est moins le cas en matière de voyages. On aime voyager à l’étranger, en Turquie et ailleurs.
06 h 52 — 07 h 08
Présentateur
Mais qu’est-ce que je veux dire ici ? Les Grecs, ou du moins une grande partie d’entre eux, aiment Istanbul. Mais je fais également référence aux destinations estivales, disons, de la Turquie, où l'on pourrait se rendre pour passer ses vacances d'été. Je ne sais pas si un Grec préférerait facilement passer ses vacances d’été là-bas plutôt que de rester en Grèce, sur les îles grecques ou dans la province grecque au sens large, et d’y passer l’été. Je n’en suis pas sûr.
07 h 10 — 07 h 44
Al. Arabatzis
Vous avez raison, en effet. Ce n'est pas vraiment le cas.
07 h 44 — 07 h 46
Présentateur
En d'autres termes, pour la plupart des Grecs, la Turquie, c'est « aller à Istanbul ».
07 h 46 — 07 h 50
Al. Arabatzis
Je vais à Istanbul, oui. Ou, disons, je reste en tout cas dans ce quartier-là, là-bas, au nord. Mais, oui, écoutez, dans le même ordre d’idées, précisément parce que notre pays possède ce qu’il possède, l’été qu’il offre, et l’été grec est formidable, il faut le dire, l’été grec est en soi une immense marque internationale. En d’autres termes, la période d’avril à octobre en Grèce est une marque à part entière, à l’échelle mondiale. Et nos îles ainsi que d’autres destinations viennent renforcer cette marque. En d’autres termes, passer ses vacances en Grèce présente d’énormes avantages. C’est donc pour la même raison que les Grecs évitent d’aller en Turquie l’été, puisque la Grèce répond à leurs besoins, ils ne se rendent généralement pas non plus en Italie, en Espagne, c’est-à-dire dans les destinations directement concurrentes. Pour nous, la principale concurrence en Europe se trouve là où je suis actuellement, c’est-à-dire en Espagne, avec 95 millions de touristes. Les chiffres sont très élevés, l’Espagne a désormais atteint ce niveau. Il y a l’Italie et le sud de la France. Ce sont là nos principaux concurrents. La Turquie est évidemment un concurrent de taille, mais nous ne la considérons pas comme faisant partie de l’Europe, nous la considérons comme faisant partie de l’Asie.
07 h 50 — 08 h 54
Présentateur
Mesdames et Messieurs, nous écoutons Alexandre Arabatzis, qui, précisons-le, est directeur général, si je ne me trompe pas….
08 h 55 — 09 h 03
Al. Arabatzis
Tout à fait, oui, de la société WIN.
09 h 03 — 09 h 05
Présentateur
De la part de WIN, qui a pris l'initiative de créer, éventuellement, un pont entre l'offre touristique de la Grèce et celle de la Turquie, et inversement.
09 h 06 — 09 h 17
Al. Arabatzis
Et d'autres pays aussi, pas seulement. Nous avons simplement commencé par la Turquie.
09 h 18 — 09 h 21
Présentateur
C'est cette initiative visant à renforcer les liens touristiques entre la Grèce et la Turquie qui a été à l'origine de notre discussion d'aujourd'hui. Cependant, comme il nous l’a lui-même indiqué, il existe d’autres exemples. L’Inde fait son entrée sur la carte touristique, principalement dans le domaine des mariages, bien sûr. Je me souviens que la Chine aussi avait un penchant pour les îles grecques, la Crète, peut-être Santorin et d’autres, ces dernières années. Je ne sais pas si cette relation reste aussi chaleureuse.
09 h 21 — 09 h 48
Al. Arabatzis
En réalité, ce n'est pas le cas. La Chine connaît un léger ralentissement. Et cela est également lié à la croissance économique. La Chine, qui ne connaît plus le rythme de croissance de la dernière décennie, où l'on enregistrait 12%, 13% et 9%, connaît malheureusement aujourd’hui un rythme de croissance compris entre 3% et 4%, ce qui reste toutefois élevé au regard des normes internationales.
09 h 49 — 10 h 09
Présentateur
Oui, mais le développement de l'économie chinoise se trouve, en quelque sorte, dans une phase de maturation.
10 h 09 — 10 h 15
Al. Arabatzis
Exactement.
10 h 16 — 10 h 16
Présentateur
Monsieur Arabatzis...
10 h 16 — 10 h 17
Al. Arabatzis
Et ce qui ressort, c'est la baisse, en tout cas, de l'afflux de Chinois en Europe. Les chiffres sont en baisse de manière générale, pas seulement en Grèce, mais dans l'ensemble.
10 h 17 — 10 h 26
Présentateur
Pour conclure notre entretien, j’aimerais profiter de votre présence à Madrid pour vous demander de me parler un peu de ce que vous aimez le plus. Si bien sûr vous avez une image plus complète de Madrid, ce que j’imagine que c’est le cas. Et c’est ainsi que nous ferons la transition vers Maya Tsokli, qui est la prochaine invitée de l’émission et qui nous parlera de ses voyages. Je termine donc par un voyage : vous êtes vous-mêmes à Madrid en ce moment. Dites-nous s’il y a quelque chose qui vous a particulièrement marqué là-bas.
10 h 26 — 11 h 01
Al. Arabatzis
Écoutez, c'est une ville magnifique. C'est un vrai coup de chance pour vous, car Madrid est vraiment l'une de mes villes préférées. C’est l’une des plus belles villes d’Europe. Elle possède un parc exceptionnel, le Retiro, qui est magnifique. On y trouve une nature magnifique, de très beaux sentiers et de très beaux bâtiments au cœur du parc, ainsi qu’un charmant petit lac où l’on peut faire du bateau. Elle compte de nombreuses rues piétonnes, de très jolies boutiques, et son centre-ville est impressionnant. Salamanca, qui est en quelque sorte l'équivalent du Kolonaki, est un quartier vraiment très agréable. C'est une ville magnifique, une ville exceptionnelle.
11 h 02 — 11 h 34
Présentateur
Alors, ne devrais-je pas, moi qui ne suis jamais allé en Espagne, choisir Barcelone pour mon premier voyage ? Devrais-je plutôt opter pour Madrid ?;
11 h 35 — 11 h 42
Al. Arabatzis
En ce qui me concerne, je suis clairement en faveur de Madrid. Barcelone est une ville très touristique.
11 h 42 — 11 h 48
Présentateur
Alexandros Arabatzis, directeur général de la société WIN, nous a parlé des liaisons touristiques entre la Grèce et la Turquie, entre la Grèce et l'Inde, ainsi qu’avec l’Azerbaïdjan, qui pourrait constituer un marché touristique dynamique dans les années à venir. Nous le remercions chaleureusement. Nous adressons nos salutations à Madrid et j’espère pouvoir un jour me rendre à Madrid pour la visiter, afin de voir si je partage ou non votre enthousiasme pour cette ville.
11 h 49 — 12 h 22
Al. Arabatzis
Je suis donc sûr que ça va arriver.
12 h 22 — 12 h 24
Présentateur
Je vous souhaite une bonne journée et, je l'espère, un agréable week-end.
12 h 24 — 12 h 27
Al. Arabatzis
Bonjour. Bonsoir.
12 h 27 — 12 h 29
Édition d'Istanbul 2025 // Parapolitika
Transcription intégrale // Parapolitika
Présentateur
00 h 00 — 00 h 30
Je pense que nous pouvons faire un petit détour à l'étranger cette fois-ci, si je ne me trompe pas, en Espagne. Et y rencontrer un homme qui a contribué, par le biais de son entreprise, à jeter un pont de communication entre Grecs et Turcs, en mettant l’accent sur la Grèce du Nord et le développement du tourisme. Nous avons parmi nous Alexandre Arabatzis. Monsieur Arabatzis.
Al. Arabatzis
00 h 32 — 00 h 32
Bonjour.
Présentateur
00 h 32 — 00 h 33
Bonne journée à vous.
Al. Arabatzis
00 h 33 — 00 h 34
Bonjour de Madrid.
Présentateur
00 h 34 — 00 h 37
Alors, à Madrid, comment ça se passe et quel temps fait-il aujourd'hui ?;
Al. Arabatzis
00 h 38 — 01 h 39
Il fait froid, même s’il y a du soleil aujourd’hui, mais il fait froid. Tout se passe très bien en ce qui concerne les activités que nous menons ici. Je suis ici dans le cadre d'un salon international dédié à la promotion touristique. De nombreuses destinations grecques y participent. Je représente la région de l’Attique, mais la région de Macédoine centrale, la Crète, la région de la mer Égée du Nord et d’autres régions sont également présentes. Et nous nous efforçons, en tant qu’entreprise, tout comme bien d’autres organismes institutionnels, acteurs du secteur public, régions et communes, mais aussi des particuliers, des hôteliers, etc., à ouvrir un peu le marché du tourisme grec. Vous savez que les records s’enchaînent les uns après les autres. Il y a désormais énormément de touristes qui viennent en Grèce. Mais l’essentiel, petit à petit, c’est tout d’abord, maintenant que nous sommes bien implantés sur certains marchés, d’élargir notre champ d’action et d’attirer également des touristes provenant d’autres régions, qui présentent un fort potentiel de croissance.
Présentateur
01 h 40 — 01 h 42
Les Turcs s'intéressent-ils au nord de la Grèce ?;
Al. Arabatzis
01 h 43 — 01 h 46
Les Turcs manifestent un très grand intérêt pour le nord de la Grèce. Surtout pour le nord de la Grèce.
Présentateur
01 h 46 — 01 h 49
Oui, et de plus en plus ces dernières années.
Al. Arabatzis
01 h 50 — 02 h 22
Tant pour le sud de la mer Égée que pour le nord de la mer Égée, l'intérêt est très grand. En effet, des îles comme Samos, Lesbos, etc. travaillent beaucoup avec les Turcs. La mer Égée du Sud, tout particulièrement. Et bien sûr, tout l’axe du nord de la Grèce, d’Alexandroupoli jusqu’à Thessalonique, connaît un afflux très important de touristes turcs. Et bien sûr, ils se rendent également à Athènes. Les Turcs aisés prennent l’avion et se rendent à Athènes pour le week-end. Les Turcs nous préfèrent largement en matière de loisirs. Ils viennent en Grèce pour passer de bons moments. Ils veulent passer deux, trois ou quatre jours à s'amuser.
Présentateur
02 h 22 — 02 h 26
Qu'avez-vous donc fait, vous, dans le nord de la Grèce, en construisant ces ponts ?;
Al. Arabatzis
02 h 26 — 04 h 34
Écoutez, en tant qu’entreprise, nous avons lancé une nouvelle initiative. Nous l’avons baptisée ’ Building Bridges : Connecting Greece to the World ». Ce que nous essayons donc de faire, c’est d’élargir un peu, comme je vous l’ai dit tout à l’heure, notre champ d’action. Pour attirer de nouveaux marchés. Par exemple, nous nous intéressons de très près au marché indien, qui semble très prometteur pour le tourisme grec, en particulier pour le tourisme de mariage. Vous savez, les Indiens organisent de grandes fêtes de mariage. Ils recherchent de très grands établissements hôteliers, dont la Grèce dispose. Et peu à peu, la classe aisée indienne souhaite organiser ses mariages à l’étranger, en Europe. Et nous souhaitons que la Grèce figure parmi les pays qui attireront ce segment touristique. Nous nous tournons vers l’Amérique latine et l’Amérique du Sud. C’est pourquoi nous sommes en Espagne. En effet, l’Espagne sert de point de référence, de centre pour l’ensemble du monde hispanophone, c’est-à-dire, disons, l’Amérique du Sud, ainsi que le Brésil, où l’on parle portugais. Mais, quoi qu’il en soit, il existe ici un lien très fort avec l’Espagne et le Portugal. Nous visons donc certains marchés. La Turquie présente également un très grand intérêt. Et, outre tout le reste, l’autre aspect qui suscite un très grand intérêt et que l’on retrouve sans cesse sur ces marchés, c’est le volet investissement. Le touriste qui viendra et sera satisfait de son séjour en Grèce, et qui appréciera son expérience dans ce pays, en particulier dans ces régions – qui sont généralement des zones où les régimes politiques sont un peu plus instables –, pour ainsi dire, est très susceptible d’investir en Grèce et, d’une certaine manière, d’obtenir le « visa doré », par exemple, soit en achetant un bien immobilier, soit en investissant dans une obligation, etc. Et c’est également un phénomène que nous observons très nettement. En effet, lors de l’action que nous avons menée, lors de l’événement que nous avons organisé à Istanbul, nous avons accueilli de nombreux invités turcs qui demandaient des informations à ce sujet.
Présentateur
04 h 35 — 04 h 46
Et donc, ils étaient intéressés par le « Golden Visa » pour acquérir un bien immobilier en Grèce et pouvoir bénéficier du programme « Golden Visa », n'est-ce pas ?;
Al. Arabatzis
04 h 46 — 04 h 54
Vous savez, ces gens veulent s'installer en Europe, ils veulent une destination sûre, qui leur permette, si nécessaire...
Présentateur
04 h 54 — 04 h 56
Qu'ils s'installent, disons, un jour en Grèce.
Al. Arabatzis
04 h 56 — 04 h 57
Oui, exactement.
Présentateur
04 h 57 — 05 h 04
Une porte de sortie d'un environnement peut-être instable, comme l'est celui de la Turquie ces dernières années.
Al. Arabatzis
05 h 05 — 06 h 12
Oui, et il n’y a pas que la Turquie. Cela se passe aussi ailleurs, vous savez. Je veux dire l’Azerbaïdjan, que nous considérons également comme un marché potentiellement intéressant. L’Inde aussi, car le fait d’avoir un passeport européen et de disposer d’un revenu élevé, d’être aisé, disons, en Inde, est un atout. C’est un très gros avantage. Récemment, des amis banquiers m’ont dit que, outre le fait que le « visa doré » s’obtient soit en investissant dans l’immobilier, soit en achetant une obligation, un fonds commun de placement, etc., mes amis banquiers m’ont donc dit qu’ils recevaient des demandes en provenance d’Amérique, des États-Unis, aussi étrange que cela puisse paraître. En d’autres termes, des citoyens des États-Unis, des Grecs-Américains et d’autres encore, cherchent à acheter un bien immobilier ou à réaliser un investissement en Grèce qui leur permettra d’obtenir le « visa d’or », afin de disposer ici aussi d’un refuge, d’une option leur permettant de venir en Grèce. Ce qui, il y a quelques années encore, nous semblait tout à fait absurde. Mais avec ce qui se passe aux États-Unis ces derniers temps….
Présentateur
06 h 13 — 06 h 22
Oui, l'ère Trump suscite, en effet, des réflexions chez une partie de la population, de la population américaine. C'est un fait. Et peut-être aussi des interrogations.
Al. Arabatzis
06 h 23 — 06 h 33
Exactement, exactement. Vous comprenez donc que le fait d'attirer cette partie du monde présente un grand intérêt pour la Grèce.
Présentateur
06 h 33 — 06 h 52
Les Turcs s'intéressent au nord de la Grèce, au nord de la mer Égée, aux vacances. Les Grecs s'intéressent-ils de la même manière à la Turquie ? Ou bien considérons-nous, d'une certaine manière, que nous avons le plus beau pays du monde et que les Turcs nous font directement concurrence en matière d'offre touristique, et que nous n'avons donc aucune raison d'aller y dépenser notre argent ?;
Al. Arabatzis
06 h 52 — 07 h 08
Non, d’accord, on y va. Écoutez, cette mentalité existe dans une certaine mesure : celle de croire que nous sommes le centre du monde. C’est vrai. Je pense que c’est moins le cas en matière de voyages. On aime voyager à l’étranger, en Turquie et ailleurs.
Présentateur
07 h 10 — 07 h 44
Mais qu’est-ce que je veux dire ici ? Les Grecs, ou du moins une grande partie d’entre eux, aiment Istanbul. Mais je fais également référence aux destinations estivales, disons, de la Turquie, où l'on pourrait se rendre pour passer ses vacances d'été. Je ne sais pas si un Grec préférerait facilement passer ses vacances d’été là-bas plutôt que de rester en Grèce, sur les îles grecques ou dans la province grecque au sens large, et d’y passer l’été. Je n’en suis pas sûr.
Al. Arabatzis
07 h 44 — 07 h 46
Vous avez raison, en effet. Ce n'est pas vraiment le cas.
Présentateur
07 h 46 — 07 h 50
En d'autres termes, pour la plupart des Grecs, la Turquie, c'est « aller à Istanbul ».
Al. Arabatzis
07 h 50 — 08 h 54
Je vais à Istanbul, oui. Ou, disons, je reste en tout cas dans ce quartier-là, là-bas, au nord. Mais, oui, écoutez, dans le même ordre d’idées, précisément parce que notre pays possède ce qu’il possède, l’été qu’il offre, et l’été grec est formidable, il faut le dire, l’été grec est en soi une immense marque internationale. En d’autres termes, la période d’avril à octobre en Grèce est une marque à part entière, à l’échelle mondiale. Et nos îles ainsi que d’autres destinations viennent renforcer cette marque. En d’autres termes, passer ses vacances en Grèce présente d’énormes avantages. C’est donc pour la même raison que les Grecs évitent d’aller en Turquie l’été, puisque la Grèce répond à leurs besoins, ils ne se rendent généralement pas non plus en Italie, en Espagne, c’est-à-dire dans les destinations directement concurrentes. Pour nous, la principale concurrence en Europe se trouve là où je suis actuellement, c’est-à-dire en Espagne, avec 95 millions de touristes. Les chiffres sont très élevés, l’Espagne a désormais atteint ce niveau. Il y a l’Italie et le sud de la France. Ce sont là nos principaux concurrents. La Turquie est évidemment un concurrent de taille, mais nous ne la considérons pas comme faisant partie de l’Europe, nous la considérons comme faisant partie de l’Asie.
Présentateur
08 h 55 — 09 h 03
Mesdames et Messieurs, nous écoutons Alexandre Arabatzis, qui, précisons-le, est directeur général, si je ne me trompe pas….
Al. Arabatzis
09 h 03 — 09 h 05
Tout à fait, oui, de la société WIN.
Présentateur
09 h 06 — 09 h 17
De la part de WIN, qui a pris l'initiative de créer, éventuellement, un pont entre l'offre touristique de la Grèce et celle de la Turquie, et inversement.
Al. Arabatzis
09 h 18 — 09 h 21
Et d'autres pays aussi, pas seulement. Nous avons simplement commencé par la Turquie.
Présentateur
09 h 21 — 09 h 48
C'est cette initiative visant à renforcer les liens touristiques entre la Grèce et la Turquie qui a été à l'origine de notre discussion d'aujourd'hui. Cependant, comme il nous l’a lui-même indiqué, il existe d’autres exemples. L’Inde fait son entrée sur la carte touristique, principalement dans le domaine des mariages, bien sûr. Je me souviens que la Chine aussi avait un penchant pour les îles grecques, la Crète, peut-être Santorin et d’autres, ces dernières années. Je ne sais pas si cette relation reste aussi chaleureuse.
Al. Arabatzis
09 h 49 — 10 h 09
En réalité, ce n'est pas le cas. La Chine connaît un léger ralentissement. Et cela est également lié à la croissance économique. La Chine, qui ne connaît plus le rythme de croissance de la dernière décennie, où l'on enregistrait 12%, 13% et 9%, connaît malheureusement aujourd’hui un rythme de croissance compris entre 3% et 4%, ce qui reste toutefois élevé au regard des normes internationales.
Présentateur
10 h 09 — 10 h 15
Oui, mais le développement de l'économie chinoise se trouve, en quelque sorte, dans une phase de maturation.
Al. Arabatzis
10 h 16 — 10 h 16
Exactement.
Présentateur
10 h 16 — 10 h 17
Monsieur Arabatzis...
Al. Arabatzis
10 h 17 — 10 h 26
Et ce qui ressort, c'est la baisse, en tout cas, de l'afflux de Chinois en Europe. Les chiffres sont en baisse de manière générale, pas seulement en Grèce, mais dans l'ensemble.
Présentateur
10 h 26 — 11 h 01
Pour conclure notre entretien, j’aimerais profiter de votre présence à Madrid pour vous demander de me parler un peu de ce que vous aimez le plus. Si bien sûr vous avez une image plus complète de Madrid, ce que j’imagine que c’est le cas. Et c’est ainsi que nous ferons la transition vers Maya Tsokli, qui est la prochaine invitée de l’émission et qui nous parlera de ses voyages. Je termine donc par un voyage : vous êtes vous-mêmes à Madrid en ce moment. Dites-nous s’il y a quelque chose qui vous a particulièrement marqué là-bas.
Al. Arabatzis
11 h 02 — 11 h 34
Écoutez, c'est une ville magnifique. C'est un vrai coup de chance pour vous, car Madrid est vraiment l'une de mes villes préférées. C’est l’une des plus belles villes d’Europe. Elle possède un parc exceptionnel, le Retiro, qui est magnifique. On y trouve une nature magnifique, de très beaux sentiers et de très beaux bâtiments au cœur du parc, ainsi qu’un charmant petit lac où l’on peut faire du bateau. Elle compte de nombreuses rues piétonnes, de très jolies boutiques, et son centre-ville est impressionnant. Salamanca, qui est en quelque sorte l'équivalent du Kolonaki, est un quartier vraiment très agréable. C'est une ville magnifique, une ville exceptionnelle.
Présentateur
11 h 35 — 11 h 42
Alors, ne devrais-je pas, moi qui ne suis jamais allé en Espagne, choisir Barcelone pour mon premier voyage ? Devrais-je plutôt opter pour Madrid ?;
Al. Arabatzis
11 h 42 — 11 h 48
En ce qui me concerne, je suis clairement en faveur de Madrid. Barcelone est une ville très touristique.
Présentateur
11 h 49 — 12 h 22
Alexandros Arabatzis, directeur général de la société WIN, nous a parlé des liaisons touristiques entre la Grèce et la Turquie, entre la Grèce et l'Inde, ainsi qu’avec l’Azerbaïdjan, qui pourrait constituer un marché touristique dynamique dans les années à venir. Nous le remercions chaleureusement. Nous adressons nos salutations à Madrid et j’espère pouvoir un jour me rendre à Madrid pour la visiter, afin de voir si je partage ou non votre enthousiasme pour cette ville.
Al. Arabatzis
12 h 22 — 12 h 24
Je suis donc sûr que ça va arriver.
Présentateur
12 h 24 — 12 h 27
Je vous souhaite une bonne journée et, je l'espère, un agréable week-end.
Al. Arabatzis
12 h 27 — 12 h 29
Bonjour. Bonsoir.
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